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  • : La vie à Bluefields, les problèmes et les solutions liés au manque d'accès à l'eau potable et à l'absence d'assainissement, des blagues et des calembours

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Voyage

 

La Ceiba est la ville la plus importante de la côte Caraïbe du Honduras. Pas franchement jolie, elle est par contre animée et festive, surtout les weekends.

 

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Centre de la Ceiba un dimanche après-midi

 


Peu après avoir posé nos sacs à l’hôtel, nous entendons au loin le son inimitable des tambours garífunas. Nous nous approchons : il s’agit d’un meeting politique du parti national. Les robocops de l’entrée nous informent que nous ne pouvons pas passer car seuls les maires de la région peuvent participer à l’événement. Ca sent un peu l’arnaque car juste après nous un campesino entre avec sa machette, son sombrero et ses bottes de cowboy. Mais bon, on ne peut rien y faire, et puis ici, les policiers arborent gilet pare-balles et fusil a pompe, alors on leur dit Monsieur et on obéit. Quelques heures plus tard, Luís, l’ami de Dina originaire de la Ceiba, nous appelle et passe nous voir à l’hôtel. Luís est musicien dans le groupe Black Man’s Soul, un groupe qui se produit tous les ans à Orinocco, la capitale des Garífunas du Nicaragua, lors de l’anniversaire de la fondation du village. Ce groupe a une particularité : tous ses membres ont un statut de diplomate pour services rendus à la nation. Lorsque nous retournons au congrès du parti national avec Luís, étrangement, les policiers nous font des courbettes et nous prient de bien vouloir passer, et de passer une excellente soirée. Hélas le quart d’heure punta est terminé. Mais les petits fours ne sont pas mauvais.

 

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Admirez le cablage... pas facile de s'y retrouver


A part cela, rien de bien folichon à la Ceiba et si nous avons passé une semaine en ville c’était surtout pour régler un petit problème avec ma banque. Une fois le problème réglé, nous avons mis le cap sur Roatán, un des lieux phares pour le tourisme au Honduras. Il faut dire que jusque là, nous n’avons pas vu des hordes de touristes depuis Bluefields. A Roatán nous nous dirigeons directement vers West End, le village touristique par excellence : un genre de Little Corn Island en plus grand, avec plus de touristes et moins de locaux.

 

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West End


Ce qui est chouette à Roatán, c’est la plongée. Comme je ne peux pas faire de plongée avec bouteilles, je me contente de faire du masque et tuba depuis la plage, et c’est déjà fantastique. Par rapport à Little Corn Island, la barrière de corail est plus rapprochée de la cote. Nul besoin de nager pendant une demi-heure, le récif commence à 10 mètres de la plage. Et les coraux sont extraordinaires : de toutes les tailles, toutes les formes et toutes les couleurs imaginables. Il y a des pics, des cavernes dans lesquelles on peut passer et ressortir de l’autre cote, etc. Je repense à Phil, un copain anglais qui a travaillé à blueEnergy et qui me disait que les Caraïbes ne valent rien pour la plongée… le vieux blasé. J’ai côtoyé des tortues pas farouches, des raies aigles nageant en couple, des poissons très étranges. Comme Dina ne fait pas de nage avec masque et tuba, on a fait un tour dans un bateau à fond de verre, ce qui m’a permis de prendre des photos. Loin d’être effrayés par le bruit du moteur, les poissons s’approchent et nous regardent par la vitre. Sympa.

 

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Apres avoir passe deux jours sur la plage à se reposer de tant voyager (oui, c’est fatiguant), nous nous dirigeons vers le village garífuna de Punta Gorda, toujours sur Roatán. Or, Roatán est l’île par où la culture Garífuna est arrivée en Amérique Centrale, en provenance de l’île de Saint Vincent dans les Antilles. Donc j’espère trouver à Punta Gorda une sérieuse culture Garifuna. Et je n’ai pas été déçu, entre la délicieuse Machuca que j’ai mangée (poisson cuit dans du lait de coco accompagne d’une purée de plantains murs) et les deux jours de punta endiablée, cela valait le coup.

 

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Punta Gorda

 

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Il est temps de parler un peu des musiques et danses garífunas qui sont absolument extraordinaires. Le groupe garífuna traditionnel est composé de : tambours, maracas, carapace de tortue et conque. Les tambours sont de deux types : le large segundo donne le rythme de base grâce a un son grave ; le primero dispose souvent de deux fils métalliques en travers de la peau d’animal, lui conférant une sonorité aigue et légèrement métallique. Le joueur de primero est un musicien plus expérimenté ou talentueux qui prend plus de liberté pour improviser. Les maracas sont en calebasse remplies de petites billes. La carapace de tortue provient d’une tortue de rivière (la carapace est plus dure que celle des tortues de mer) frappée avec une baguette de batterie. Enfin la conque ou coquillage est un instrument à  vent à deux tons rappelant le cor. Elle intervient par intermittence durant les chansons, apportant un coté énergique qui euphorise les danseurs. De nos jours, une guitare s’ajoute souvent aux instruments traditionnels et le chant est plus saccadé : c’est le style punta rock.

 

Il existe de nombreux types de danses garífunas. La plus courante est la punta. C’est une danse qui se pratique lors des velorios, lorsqu’une personne est décédée. Les versions diffèrent quant à la raison pour laquelle on danse lors d’un velorio ; a priori cela a quelque chose à voir avec les esprits. Nous avons eu la chance de voir un velorio à Tornabé mais n’avons pas osé entrer dans la maison (il parait qu’on aurait pu, mais ca fait bizarre de rentrer chez des inconnus en deuil). Mais la punta n’est pas dansée que lors des velorios et les amateurs de danse profitent de la moindre occasion pour montrer leurs mouvements.

Une petite vidéo de punta (cliquez sur le lien).

 

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Jeune danseuse de Punta Gorda

 

 

Parmi les nombreuses autres danses garífunas, la plus spectaculaire est sans conteste le Wanaragua. A l’origine les Garífunas sur l’île de Saint Vincent étaient en conflit avec les rosbifs. Or, ils savaient que les anglais n’attaquaient pas les femmes. Ils eurent donc l’idée de tous se déguiser en big mama, avec des masques, des chapeaux, des gros seins et des grosses fesses (bon, j’en rajoute par rapport aux livres d’histoire) allant jusqu'à porter des gants pour se couvrir les mains. Ainsi, lorsque les anglais arrivèrent pour se battre, ils ne trouvèrent que des femmes dans le village. Désorientés, ils constituèrent des victimes faciles lorsque ces prétendues femmes se mirent à les tabasser. Depuis, les Garífunas célèbrent cette victoire sur les stupides rosbifs par le Wanaragua, la danse guerrière.

Vidéo de Wanaragua par Black Men’s Soul (Luís est un des deux personnages qui sautent dans tous les sens, China est la femme en rouge qui chante).


Mais revenons à Roatán. Le groupe la Amistad qui jouait a disposé un pot dans lequel les spectatrices et spectateurs de 3 à 80 ans pouvaient laisser une petite contribution. En général, ils en profitaient pour montrer leurs talents de danseurs. Ceux qui ne savent pas danser comme ceux dont le style est le plus extravagant déclenchent d’immenses éclats de rire. 

 

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La Amistad


Sur le bateau qui nous ramène vers le continent, nous tombons sur le guitariste et un des percussionnistes de la Amistad, en route vers Dangriga au Belize ou ils se produiront durant deux petites semaines. Je leur demande s’ils connaissent China, la danseuse de Triunfo de la Cruz. Effectivement, ils la connaissent et elle va danser avec eux au Belize. Comme nous aimerions bien voir danser China et que nous allons passer au Belize, peut-être que nous les reverrons là-bas… En attendant, nous allons vers la Moskitia à l’est de la cote caraïbe du Honduras.

 

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Je sais, ca fait cliché

Par Thib
Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 20:56

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Tela est la troisième ville en importance de la côte Caraïbe du Honduras. Un peu plus grande que Bluefields et peuplée de Ladinos et de Garífunas, je m’attendais à une ambiance similaire. Mais il faut avouer que Tela ne m’a pas semblé avoir le charme suranné (déglingué ?) de Bluefields. Mais il faut du temps pour apprécier Bluefields, et c’est peut-être pareil pour Tela.

 

Tela avait certainement plus de charme dans le temps, lorsque la majorité des bâtiments étaient en bois style créole. A la différence de Bluefields, ce n’est pas un ouragan qui a détruit les maisons en bois, mais les habitants. Ils ont choisi de reconstruire en béton pour le confort, la sécurité (contre les vols et les incendies) et pour l’apparence. J’ai dit l’apparence, pas l’esthétique.

 

Tela 4782 Tela et son parc central...

 

Mais ce qui manque surtout à Tela à mon goût, c’est de la bonne musique dans la rue. A Bluefields, la musique Caribéenne est omniprésente : socca, reggae, dancehall proviennent de tous les taxis, maisons, restaurants et magasins de la ville, si bien qu’où que l’on soit, on entend toujours du bon son.

 

Mon guide de voyage est un Lonely Planet Amérique Centrale de 2004 dans lequel les prix des hôtels face à la mer sont très raisonnables. Mais depuis 2004, les hôtels ont probablement été refaits et les prix ont plus que triplé. Je cherche alors un hôtel en retrait. Après être passé cinq fois devant l’endroit où est sensé se trouver l’hôtel, je demande au propriétaire d’une petite gargote. L’hôtel se trouvait juste de l’autre cote de la rue. C’était une construction en bois : l’endroit est à présent occupé par les fondations d’un édifice en béton.

 

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... son front de mer


Afin de trouver un endroit bon marché, je demande aux hippies qui vendent des artisanats sur la plage. L’un d’entre eux, natif de Tela, me propose de camper chez lui. Par contre, nous ne pourrons pas avoir accès aux toilettes parce qu’il faudrait entrer dans la maison, et sa femme ne veut pas. Je lui dis que c’est un peu un problème, quand même, et que nous allons réfléchir.

 

Finalement, nous trouvons un hôtel correct et pas trop cher, mais un peu excentré. Je retourne me balader du côté de la plage et retombe sur le hippie, qui me donne quelques conseils de sécurité : « si un type dans la rue te demande un peu de sous, sois sympa avec lui et donne lui 10 lempiras (environ 0,40€). Il te demandera peut-être vers où tu vas et assurera ta protection dans le quartier. Si tu n’es pas sympa avec lui… il va t’arriver des problèmes. » Bien reçu.

 

Tela 4786 ... sa plage

 

Le hippie me demande aussi ce que je suis venu faire ici. Il soupçonne que je cherche de la drogue. Je lui dis qu’il n’en est rien, je souhaite seulement faire plus ample connaissance avec les peuples indigènes et afro-descendants d’Amérique Centrale. Très bien me dit-il, je suis tombé au bon endroit pour connaitre la culture garífuna (sans blague). Il y a justement près de nous quelques groupes de femmes garífunas qui vendent du pain de coco (qui soit dit en passant n’est en rien comparable au délicieux pain de coco de Bluefields). Il leur explique que je souhaite découvrir la culture garífuna : leur musique, leurs danses, leur cuisine, leur langue… « Très bien, et qu’est-ce qu’il va nous donner ? » Le temps que le hippie m’explique qu’elles ne partageront rien si je ne paye pas, elles ont déjà tourné le dos. «Les vale verga y un pedazo de coño que tu t’intéresses à leur culture. » La bienséance m’interdit de traduire.

 

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... sa baie


Après Tela nous décidons de nous rendre dans les villages garífunas des alentours. Par chance, dans le bus pour nous rendre à Tornabé, Dina reçoit un appel de Luís, son ami Garífuna qui vit à La Ceiba. Il a une amie qui est de Tornabé. A Tornabé, une femme monte dans le bus : « Le Français et la Nicaraguayenne, venez avec moi ! » Jeaneth a une quarantaine d’années, elle parle francais, anglais et patois (anglais créole) en plus de l’espagnol et du garífuna. Elle est passionnée par la culture de son peuple et la défense de l’environnement et des droits de l’homme. En plus de cela, elle est pour le moins affable et éclate sans arrêt, d’un rire très Caribéen.

 

Jeaneth nous emmène dans un musée garífuna. C’est en fait la maison d’un vieux bonhomme fin connaisseur de la culture et de l’histoire des Garífunas. J’y achète un livre : La Cultura Garífuna. Par la suite, tous les Garífunas qui verront ce livre le trouveront fantastique. Il est en fait très médiocre mais c’est un des seuls ouvrages qui abordent le sujet. Jeaneth nous aide ensuite à trouver un endroit où loger jamais vu une chambre d’hôtel qui puait autant, je crois qu’une famille de rats logeait dans le matelas – puis nous présente sa mère et sa sœur, qui cuisinera pour nous.

 

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Pêcheur garífuna


Le lendemain, nous décidons de nous rendre à la communauté voisine de Miami. Au cas où vous ne le sauriez pas, Miami est un village de pêcheurs garífunas d’une centaine d’âmes, dont les maisons sont construites en canne et en palme, sans électricité. On se demande vraiment pourquoi les gens font tout un foin de ce Miami. De fait, c’est un des plus beaux endroits qu’il m’ait été donné de voir. Pour quelle raison les habitants y ont-ils maintenu l’architecture traditionnelle garífuna ? Cela reste pour moi un mystère, alors que toutes les constructions de Tornabé, mises à part quelques cabanes touristiques sur la plage, sont en béton.

 

Tela 4860 Architecture traditionnelle garífuna à Miami

 

Les habitants de Miami sont intrigués par la visite d’une Garífuna Nicaraguayenne, qui ne comprend pas un mot de leur langue. En effet, les Garífunas du Nicaragua ont adopté la langue majoritaire de la Côte, c’est-à-dire l’anglais. L’espagnol est pour eux une langue secondaire, et le Garífuna n’est plus parlé en tant que langue maternelle que par un nombre réduit de personnes, âgées pour la plupart. Ils trouvent aussi très amusant de voir un français essayer de parler leur langue, notamment s’y reprendre à 5 fois, livre sous les yeux, pour dire « enchanté de faire votre connaissance. »

 

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Miami beach


Après Miami, nous allons dans deux villages garífunas de l’autre côté de Tela. A la Ensenada, nous profitons de la plage et des fruits de mer, avant d’aller à Triumfo de la Cruz. Nous allons rendre visite à China, la sœur de Jeaneth. China, en plus de diriger un restaurant à Triumfo de la Cruz, est danseuse professionnelle de punta (le rythme garífuna le plus courant). Elle nous informe qu’elle se rendra au Belize dans quelques semaines pour y donner quelques représentations. Malheureusement, nous n’y serons probablement pas à ces dates-là.

 

Tela 4885 Retour de Miami

 

Le lendemain, nous quittons les environs de Tela, direction : la Ceiba.

 

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La Ensenada

Par Thib
Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 02:22

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Remonter la côte Caraïbe du Nicaragua n’est pas chose facile. Le transport commercial y est quasiment inexistant, et le transport privé, pour le moins irrégulier. La rumeur dit qu’il existe un bateau qui voyage entre Puerto Cabezas et Bluefields une fois par mois, mais pour trouver le bateau en question, bon courage. Par contre, il y a des pangas qui partent deux fois par semaine vers Karawala, une communauté à environ quatre heures de Bluefields en panga, c’est-à-dire quasiment à mi-chemin de Puerto Cabezas.

 

voyage


Nous avons tenté notre chance de ce coté. Au pire, je savais par mon ami et collègue Hector que nous pourrions nous loger dans un petit hôtel là bas.

 

Dans cette communauté indigène, nous avons l'impression d'être arrivés dans un autre pays. Bien que les habitants soient Ulwas, ils parlent tous en Miskitu et nous ne comprenons rien à ce qu’ils se disent entre eux. Mon Miskitu est vraiment basique, mais heureusement ici tout le monde parle Espagnol et Anglais (créole). De toute façon, les gens ici ne sont pas très causants. Ah, détail notable, si le concours existait, Karawala obtiendrait probablement le titre de communauté la plus propre de la côte Caraïbe du Nicaragua.

 

Karawala

Karawala


De Karawala, il n’y a pas de transport vers Puerto Cabezas. Il faut aller à Sandy Bay Sirpi (la petite Sandy Bay) d’où, selon les locaux, « des pangas privées partent régulièrement vers Puerto Cabezas ». Bon, ca a l’air bien, Sandy Bay est à environ une heure de marche de Karawala ; nous allons voir ce qu’il s’y passe… mais en moto : en effet, selon les locaux, il y a pas mal de jeunes dans le coin « qui aiment bien fumer du crack et braquer les gens, surtout ceux qui ne sont pas d’ici ». Pas de problème, il y a des motos qui vous emmènent pour moins de 3€. Nous trouvons un chauffeur qui nous assure qu’il n’y a pas d’autre motos qui font le trajet vers Sandy Bay, et donc qu’il doit m’emmener en premier, puis revenir chercher Dina. Le trajet n’est pas désagréable et le chauffeur me parle un peu de la vie à Karawala, et notamment du problème des jeunes générations qui « aiment bien fumer du crack et braquer les gens », et m’assure qu’avec les anciennes générations il n’y a pas de problèmes. Il me laisse au pied d’un petit pont piétonnier qui traverse un cours d’eau, en compagnie de deux chiens sauvages et du bruit des tronçonneuses au loin, et part chercher Dina. De l’autre côté du pont, me dit-il, se trouve Sandy Bay. Une fois le chauffeur reparti, trois silhouettes se profilent au loin, venant de Sandy Bay. Je devine à leur démarche que ce sont des jeunes, et l’un d’eux a une machette à la main. J’espère qu’ils ne font pas partie des fameux « jeunes qui aiment bien fumer du crack et braquer les gens ». Je m’approche de mon sac duquel dépasse ma machette et m’efforce de prendre un air détaché. Les jeunes passent en me jetant un regard en coin.

 

Moto

Dina arrive en moto


La communauté de Sandy Bay s’étend en effet de l’autre coté du pont. D’abord très éparses, les maisons sont plus rapprochées au fur et à mesure que nous nous rapprochons du centre. Le conducteur de la moto nous a recommandé d’aller chez Doña Victoria, gérente d’un petit hôtel sur la plage d’où nous pourrons guetter les allées et venues de pangas. Doña Victoria est une sympathique mama mariée à un Créole. Elle nous informe qu’elle souhaite également se rendre à Puerto Cabezas, et qu’une panga devrait partir cette semaine, mais elle ne sait pas quel jour.

 

Savane

La savane autour de Sandy Bay

 

SandyBay

Sandy Bay


Du coup, il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre. J’en profite pour faire un tour sur la plage et assiste au calvaire des tortues marines attendant d’être transportées sous les maisons des pêcheurs qui les ont capturées. Elles y seront posées sur le dos pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que le pêcheur décide que le moment est venu de les tuer, généralement pour en consommer une partie et vendre le reste. Elles sont une dizaine, d’une bonne centaine de kilos chacune. Sans vouloir blâmer les pêcheurs qui ne font que poursuivre une tradition millénaire qui leur permet de nourrir leur famille, je ne souhaite pas participer à l’extinction accélérée de ces reptiles si émouvants lorsqu’ils nagent gracieusement dans les eaux transparentes des Caraïbes.

 

Tortue

Une des malchanceuses du jour

 

Vers midi, Doña Victoria vient nous demander si nous souhaitons manger.

«Bien sur, qu’est-ce-que vus nous proposez ?»

« De la tortue. »

« Ah. Et à part ca ? »

« C’est tout. »

Durant les 5 jours que nous avons passé à Sandy Bay, nous n’avons mangé quasiment que de la tortue, comme tout le monde dans le village (et ce, bien que la période de pêche à la tortue soit officiellement terminée). Le pire c’est que je dois bien avouer que la viande de tortue est délicieuse.

 

Roti

Une fois que la viande est détachée de la carapace, celle-ci est rotie


Au cours de ces 5 jours, nous avons crû à plusieurs reprises que nous allions pouvoir partir pour Puerto Cabezas. Un jour, Doña Victoria nous informe que Suru, le panguero qui devait l’emmener à Puerto Cabezas partira dans l’après-midi. Elle ne partira pas, mais m’indique où le trouver. Il me confirme qu’il partira à 3 heures de l’après-midi et nous emmènera pour 800 C$ (près de 30€) chacun. Une belle somme, mais il n’y a pas le choix, et puis c’est ce que les locaux ont l’habitude de payer. Plus tard, Doña Victoria me confie que Don Suru est en train de s’alcooliser sérieusement. Je commence à me demander si c’est une bonne idée de partir en panga en pleine mer, avec un Miskitu bourré, alors que le temps se fait menaçant et qu’en partant vers 3 heures nous devrions arriver de nuit. Mais il n’est pas nécessaire de me poser trop de questions : lorsque je retourne voir Suru vers 3 heures, il roupille la bouche grande ouverte en plein soleil, devant sa maison. Pour lui, le réveil sera désagréable.


Le surlendemain, alors que nous nous baladons du côté du terrain de baseball, un homme d’allure sérieuse nous aborde :

« C’est vous qui cherchez à aller à Puerto Cabezas ? »

« Oui, vous aussi ?»

« Non, mais Kaliman part chercher mon chef ce matin. Il a dit qu’il partait vers 7 heures. »

Il est près de 9 heures, mais nous cherchons quand même où il habite. La mère de Kaliman est seule à la maison : il est déjà parti.

 

Il y a une autre option pour se rendre à Puerto Cabezas : des pangas se rendent régulièrement (pour de vrai) jusqu’à Kuanwatla, un village perdu au milieu de nulle part, entre Sandy Bay et Puerto Cabezas, mais légèrement à l’intérieur des terres. De là, nous pourrions trouver une embarcation qui nous emmènerait jusqu’à Puerto Cabezas. Selon les habitants de Sandy Bay, la probabilité de trouver une panga depuis Kuanwatla vers Puerto Cabezas est encore plus faible que depuis Sandy Bay. Reste l’idée de marcher durant environ trois jours sur des plages fréquentées de bandits et de narco trafiquants en tout genre. Parlez de ce projet à n’importe qui au Nicaragua et il vous dira la même chose. C’est une très mauvaise idée.

 

Skiff

Panga immobile à Sandy Bay

 

Au bout de 5 jours, nous nous sommes lassés de manger de la tortue et de glandouiller toute la journée. Nous sommes retournés à Bluefields (encore), décidés à nous rendre au Honduras sans plus perdre de temps. Le retour en panga a été mouvementé : les trombes d’eau qui se sont abattues sur nous ont désorienté le panguero, qui nous a menés durant une bonne demi-heure sur une fausse route. Ajoutez à cela qu’il a entassé les passagers dans la panga comme des parigots dans un métro un jour de grève de la RATP, sans compter les poissons (dans la panga, pas dans le métro). Résultat : il n’y avait pas assez d’essence pour atteindre Pearl Lagoon, et nous avons attendu au milieu de nulle part qu’une autre panga vienne nous ravitailler. Nous sommes arrivés à Bluefields juste à temps pour prendre une autre panga, direction el Rama, puis le bus jusqu’à Managua. Le lendemain, nous achetons les billets de bus direct pour San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, où nous passerons une nuit, avant de nous rendre sur la côte, à Tela.

 

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Retour en panga vers Bluefields

 

Par Thib
Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 18:09

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Mon voyage a commencé à Corn Island avec l’idée de prendre le bateau de nuit vers Bilwi (Puerto Cabezas), la ville du Nord de la côte Caraïbe du Nicaragua. Hélas, finalement le bateau a été annulé et j’ai passé une semaine à Corn Island pour rien…

 

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Enfin, ce n’est pas très grave. Comme d’habitude à Corn Island, il y a eu : des plages de rêve ; de l’excellent snorkelling ; de la langouste ; du poisson ; de la bonne musique. Bref, de quoi passer quelques jours pas trop pires.

 

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Dina (à droite) et sa cousine Vivian à Little Corn

 

Peu de surprises donc pour cette première étape, si ce n’est quelques rencontres sous-marines : requins nourrisses, différentes espèces de raies et des tortues. Avec un temps ensoleillé et une très bonne visibilité, je me suis bien fait plaisir.

 

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A Corn Island, il y a deux îles. La grande, avec ses hôtels pour riches touristes, et ses pensions familiales ; ses grandes plages de sable blanc bondées les weekends et vacances scolaires mais aussi sa petite plage gazonnée et déserte face aux récifs coralliens ; son ranch (boîte de nuit) très sympa au bord de l’eau ; son unique route qui fait le tour de l’île et ses taxis. Big Corn Island, c’est un peu Bluefields en plus petit, plus joli, plus Créole… et les plages en plus. Little Corn Island, sans route, avec son ranch pas terrible mais avec ses innombrables petites plages désertes et superbes, ses nombreux spots de plongée et ses activités pseudo hippies genre feu de camp sur la plage, attire plus les visiteurs étrangers.

 

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Moi, j’aime bien les deux alors j’ai passé quelques jours sur chaque île. Bon, la vérité c’est que sur Little Corn il n’y a pas de distributeur de billets donc il a bien fallu que je rentre sur Big Corn quand les reales commençaient à manquer. Mais, la Semaine Sainte était terminée, les pensions étaient vides, les plages quasi désertes, et les prix bien plus accessibles que sur Little Corn, donc j’y ai passé du bon temps quand même.

 

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Big Corn Island

 

Comme je le disais donc, peu de surprise jusqu’à présent mais la vraie aventure commence demain : nous partons à Karawala, un village Miskitu situé entre Bluefields et Puerto Cabezas. De là… on verra bien.

 

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Par Thib
Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 02:24

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Après maintes hésitations et autant de prolongations de contrats, j'ai décidé de tourner la page blueEnergy. Vous allez donc avoir le privilège de revoir ma sale trogne très bientôt en France... mais avant cela, je vais profiter quelques mois de la grande richesse culturelle de l'Amérique Centrale.

 

Au programme : remonter la côte Caraïbe du Nicaragua, du Honduras, du Guatemala, du Belize et du Yucatan, pour ensuite redescendre par l'intérieur des terres du côté du Chiapas, Guatemala, Honduras et enfin revenir vers Bluefields. L'idée est d'aller découvrir d'un peu plus près les traditions des habitants de ces régions, en particulier les Indiens et Afro-descendants : Miskitus, Garífunas et Créoles sur la côte Caraïbe, Mayas au Chiapas et au Guatemala. Mais comme c'est aussi des vacances, je n'ai pas oublié mon équipement de snorkeling (plongée masque et tuba) et mon maillot de bain pour profiter des plages paradisiaques.

 

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Je pars avec Dina, une copine Garífuna de Bluefields qui a très envie de découvrir les villages Garífuna du Honduras et du Belize, où les traditions de ce peuple sont bien mieux conservées qu'au Nicaragua. C'est lors d'un voyage au Nicaragua qu'Andy Palacio, le plus grand musicien Garífuna contemporain décida de consacrer son oeuvre à la sauvegarde des traditions de son peuple. En efet, au Nicaragua les jeunes ne parlent plus la langue Garífuna et les passionantes traditions chamaniques et la médecine naturelle ne sont connues que des anciens, faute de jeunes intéressés pour prendre la relève.

 

Première étape de ce voyage : Corn Island, les îles paradisiaques des Caraïbes Nicaraguayennes, dont je vous donnerai des nouvelles bientôt.

 

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Par Thib
Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 18:05

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Salut à tous,

 

Ca faisait longtemps je sais, mais sans appareil photo, je ne me suis pas aventuré à écrire des articles parce que ça aurait été chiant pour vous. Mais le problème est résolu, donc me revoilà.

 

J’ai reçu la semaine passée ma première formation depuis que je suis dans le monde du travail (oui, je travaille, note en passant, je ne fais pas que me balader dans la jungle et boire du Flor de Caña). La formation était dispensée par Paul, un ingénieur anglais de CAWST, c’est-à-dire l’organisation conceptrice du filtre de biosable que nous fabriquons, et s’intitulait « Promotion de la Santé Communautaire par la Formation de Promoteurs de Santé ». Une formation pour devenir formateur de promoteurs de santé, en somme.

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La formation se déroulait à Antigua Guatemala. Nous y sommes allés avec 3 collègues, Jorge le technicien des filtres, et Maïté et Cindy de l’équipe sociale. Pour les faits marquants, pas grand-chose à signaler, à part une brève arrestation par l’armée salvadorienne parce que Jorge prenait des photos du palais présidentiel (ils rigolent pas les kakis là-bas). Antigua Guatemala est une ville superbe, mais touristique à un point que les américains qui y apprennent l’espagnol en masse doivent parfois se demander s’ils sont bien à l’étranger. La ville a réveillé une certaine nostalgie de l’Equateur en moi. L’architecture, la nourriture, l’artisanat, les gens et leur accent rappellent la Sierra équatorienne.

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La formation était géniale également, Paul étant brillant dans son rôle de formateur. Il a vraiment su animer cet atelier et faire participer tout le monde, de sorte que l’on ne s’est jamais ennuyé. Exactement ce qu’il nous faudra répliquer dans les communautés, avec notamment de jeux et activités de groupe pour dynamiser l’ensemble. Cette formation m’a fait prendre conscience de quelques éléments clés, mais le principal enseignement, c’est que les gens savent des choses, et que l’on est là pour aiguiller leur raisonnement et non pour leur faire la leçon.

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Vous avez donc compris que cette semaine a été très bénéfique pour moi, et maintenant je suis impatient d’aller appliquer ces méthodes en communautés.

 

A bientôt !

 

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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 23:00

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Voyager de Paris à Bluefields n’est pas la chose la plus commune du monde. Cependant, il y a la manière simple et il y a toutes les autres. Et moi, j’aurais bien choisi la simplicité mais ça a quelque peu raté.

Pour être sur de bien galérer, il faut :

Bien choisir son vol. Par exemple, il peut être intéressant de choisir un vol partant d’Orly tôt le matin (imaginons 7h40, ce qui veut dire départ de Montmartre à 4h30) afin de ne pas passer la journée au lit. Celà permet également de poirauter quelques heures à l’aéroport de Madrid : ce serait dommage de s’en priver !

Il est également important de ne pas prendre un vol jusqu’à Managua, puisqu’il est possible de s’arrêter à San José au Costa Rica et de continuer en bus.

Vérifiez que vous êtes suffisament chargé : par exemple, kit de palmes / tuba, 6 boîtes de médicaments d’avance, 3 jeux de société, un ordinateur portable suffisament encombrant, une guitare, une flûte indonésienne, des balles de jongle (liste non exhaustive)

Vous avez également le choix de voyager en avion de Managua à Bluefields ou en bus puis bateau : ne pas prendre l’avion ! Ce serait de la triche. Et puis de toute façon ces vieux coucous n’acceptent pas les voyageurs surchargés.

 

Voilà, tout était là, et j’ai donc bien galéré. J’avais quand même tenté quelques trucs pour me simplifier la vie. J’avais l’adresse d’un hôtel à San José et ils venaient même me chercher à l’aéroport. Ca s’est quasiment passé comme ça. Le lendemain, je me suis rendu au terminal de la compagnie de bus de San José à 5 heures pour être sûr d’avoir des places dans le bus direct pour Managua à 6 heures. Pas de bol, tout était complet pour la journée. Chez l’autre compagnie qui propose le trajet direct, c’était la même chose. Je suis donc allé au terminal et j’ai essayé d’y prendre un bus pour la frontière (je serais bien retourné à l’hôtel buller au bord de la piscine mais je ne pouvais pas : le boulot n’attend pas, surtout que je suis payé, maintenant !). La queue n’avance pas, je m’aperçois plus tard que le guichet n’était pas ouvert. Et heureusement d’ailleurs que je n’ai pas pu acheter le billet car le bus allait bien à la frontière avec le Nicaragua mais côté Caraïbes, c’est-à-dire là où il n’y a ni route, ni poste frontière : là j’aurais vraiment lutté. Heureusement, j’ai fini par me rendre compte de mon erreur et acheté le billet pour le bon bus, direction Peñas Blancas, sur la Panaméricaine à la frontière avec le Nicaragua.

 

De San José je ne vais pas vous parler beaucoup parce que je n’y suis resté que quelques heures et que je n’ai vu la ville que de nuit. Mais bon, ça n’a pas l’air fantastique. L’hôtel était sympa cependant dans le style backpacker, c’est-à-dire plein de gringos qui vous parlent en anglais. Pas trop le genre d’endroits auxquels je suis habitué mais pour une nuit ça passe, surtout que celui-ci avait une piscine et un jardin tropical avec hamacs et compagnie.

 

Le Costa Rica est un pays très vert, ce n’est pas pour rien qu’il est reconnu comme une des meilleures destinations pour l’ « éco-tourisme ». Je parlerai dans un futur article du Costa Rica et de sa politique environnementale.

 

Arrivé à Peñas Blancas, 4 heures pour faire 5 kilomètres et ça y est, je suis passé au Nicaragua, où j’ai pris un bus pour Managua. C’est marrant, les bus au Nicaragua sont des anciens bus scolaires américains sur lesquels ils ont ajouté des compartiments à bagages, une méga sono et parfois un peu de peinture tunning.

 

Le lendemain, lever à 4 heures pour pendre le bus de 5 heures, direction El Rama, le bout de la route. Rapidement, le moteur du bus s’est mis à perdre de l’huile et je me suis arrêté au bord de la route dans un décor de Far West jusqu’à ce que passe le suivant. Avec tout ça, je suis arrivé à El Rama juste après le départ de la panga (le bateau) pour Bluefields. La prochaine partirait peut être (s’il y avait suffisament de clients) le jour même. La perspective de passer la nuit dans ce trou paumé ne m’enchantait pas, mais heureusement les passagers sont arrivés comme par magie et la panga est finalement partie. Le trajet fut agréable avec un beau coucher de soleil sur une végétation luxuriante, qui se densifiait au fur et à mesure que le bateau se rapprochait de l’embouchure du Rio Escondido. Arrivé sur le dock à Bluefields, quelques Noirs m’accostèrent pour me soutirer quelques pesos: “Yeah, man, how is you doin’?”. Je suis bien arrivé dans les Caraïbes.

 

PXR Rio-escondido

 

 

  PXR El-Rama

 

 

PXR Coucher-soleil

Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 21:22

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