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  • : La vie à Bluefields, les problèmes et les solutions liés au manque d'accès à l'eau potable et à l'absence d'assainissement, des blagues et des calembours

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Cette semaine je me suis rendu pour la troisième fois à Rama Cay, cette petite île de la baie de Bluefields où vivent la majorité des Indiens Rama. Buts de cette visite : faire les relevés des points d’eau comme à Corn River et à Tiktik Kaanu, et faire une étude des déchets sur l’île. La Banque Mondiale nous demande en effet de proposer des solutions pour limiter la pollution par les déchets de cette île surpeuplée (1500 personnes se partagent un espace en forme de 8 de 400 mètres de long et dont la largeur n’excède pas 150 mètres).

 

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Le premier jour, j’ai battu mon record avec 37 points d’eau étudiés. C’est un travail un peu fastidieux à la longue, surtout qu’à Rama Cay ce ne sont que des puits. Du coup je fais à chaque fois les mêmes choses. D’abord, je note les coordonnées GPS, la distance et le temps entre la maison et le puits, et le temps pour venir du centre de la communauté. Ensuite, je pose quelques questions aux utilisateurs : « Combien de familles utilisent ce point d’eau ? », « Comment s’appelle le propriétaire ? », « Le puits se sèche-t-il en été ? », «Buvez-vous l’eau de ce puits ? », « A quelle fréquence lavez-vous le puits ? », « Désinfectez-vous l’eau avant de la boire avec du chlore, la filtrez-vous ? », « Êtes-vous satisfaits de la qualité de votre eau ? »  Ensuite, je regarde les possibles sources de pollution à proximité comme latrines, douches, rejets d’eau de cuisine, entassements de déchets, etc. Je fais un rapide examen visuel de l’eau (turbidité basse, moyenne ou élevée, couleur, odeur, goût). Puis je note les caractéristiques du puits : dalle, couvercle, revêtement intérieur, canal de drainage, enclos fermé, système d’exhaure (pompe manuelle ou seau + corde). Je mesure la profondeur de l’eau et du puits avec une corde lestée et le tour est joué. Après quelques puits d’échauffement, je prends un bon rythme de croisière et ne passe pas plus de cinq minutes à chaque fois.

 

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Pendant que je visite les puits avec Aracelly, une Rama qui travaille de temps en temps avec bE, mes collègues Pedro et Maïté parcourent l’île pour effectuer un petit sondage des pratiques en matière de gestion des déchets. Devant l’engouement que fait naitre ce sujet, ils ne garderont pas un souvenir impérissable de cette journée.

 

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Le soir, on mange dans la maison du pasteur de l’île. On cause un  peu de choses et d’autres. Je retiens deux histoires qui montrent bien la pauvreté à tous les niveaux. La première est celle d’un couple dont le mari a dû parcourir plus de quinze kilomètres sur un Cayuco à rames pour emmener sa femme, sur le point d’accoucher, à Bluefields car il n'avait pas de quoi payer pour le cauyuco à moteur. Le bébé est mort-né au milieu de la baie. La deuxième, c’est quand j’ai demandé à la fille du pasteur combien d’enfants elle avait. Elle me répond : « un ». Pedro, qui la connaissait, s'étonne : « Ah, je pensais que tu en avais deux ». Réponse : « non, le premier il est avec ma mère ». Elle a eu son premier bébé vers seize ans mais comme elle ne pouvait pas s’en occuper, elle l’a fait élever par sa mère, donc pour elle ce n’est pas son enfant. L’histoire classique dans la région…

 

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Si je vous dis que sur la photo ci-dessus, la petite cabane est une latrine, vous comprendrez que nous évitons de nous baigner à Rama Cay...

 

Le lendemain, nous faisons une réunion avec quelques personnes influentes de l’île. Au vu de l’intérêt suscité par les discussions de la veille autour du thème des déchets, nous avions des craintes légitimes quant au déroulement de la réunion. Mais finalement, tout s’est très bien passé et la participation fût intéressante. Les représentants de l’île, à défaut d’avoir des connaissances très poussées en la matière, ont au moins conscience du problème que représentent les mauvaises pratiques de gestion des déchets. Aujourd’hui, c’est un peu le grand n’importe quoi : certains brulent tout (plastiques, déchets organiques, piles, petits électroménagers), d’autres balancent tout à la baie, d'autres encore ne font rien. Changer tout cela ne sera pas facile, mais c’est mon job et quelques idées intéressantes ont été émises, sur lesquelles on va travailler. En effet, notre but n’est pas d’imposer des solutions, sinon offrir la parole aux personnes de la communauté afin qu’ils définissent eux-mêmes les alternatives qui leurs paraissent acceptables.

 

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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 18:34

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